30 avril 2008
Les routes clandestines, l'Afrique des immigrés et des passeurs, Serge Daniel
Est-ce parce que j'avais des attentes trop fortes envers ce livre? Toujours est-il que ce livre m'a un peu déçue... Mais commençons par le positif!
Serge Daniel, journaliste, originaire du Bénin, s'est fait passé pour un candidat à l'immigration clandestine pour pouvoir vivre et comprendre ce que vivent les clandestins. De ce fait, c'est extrêmement bien documenté, et nous permet vraiment de comprendre certaines choses : la France pourra affréter tous les charters qu'elle voudra, construire des barbelés, des miradors si elle veut, ce n'est pas cela qui empêchera les gens de partir. Partir à tout prix. Mourir à cause de ce départ, vivre mille souffrances et mille dangers plutôt que de rester, sans travail, dans son pays d'origine. La pression familiale est forte aussi : chacun demande à son fils, à son mari, de partir pour suivre l'exemple d'un cousin ou d'un voisin supposé bien gagner sa vie en Europe. Le voyage se fait dans des conditions épouvantables : entassés dans des bus, à pied dans le désert, refoulés aux portes du Sahara par l'Algérie ou le Maroc, la traversée de Gibraltar qui fait tant de victimes, les femmes qui doivent se prostituer pour payer les passeurs... Ce livre a le mérite de nous plonger dans ce sinistre décor. En cela, il est essentiel, pour savoir, pour comprendre.
En fait, ma déception est dans le style. Plus on avance, plus on a l'impression que l'auteur nous raconte toujours la même chose, à tel point que souvent je tournais les pages pour vérifier si je ne l'avais pas déjà lue! Et cela, c'est vraiment dommage, car la lecture en devient pénible alors que le sujet est passionnant.
Merci à Babelio de m'avoir envoyé ce livre!
30 juin 2007
A bout de couple, Catherine Castro
A mon tour donc de vous livrer ma note de lecture sur ce livre-voyageur! Je remercie Clarabel de nous avoir fait découvrir ce livre, et Flo de me l'avoir fait parvenir.
Catherine Castro nous parle de "la plus sournoise des catastrophes qui frappent l'humanité depuis la nuit des temps. Des générations entières sont foutues à cause de ces paires soudées par le mensonge et l'inconscience. Des milliards d'être humains ont été bousillés." Mais, qu'est-ce donc que ce mal? De quoi parle-t-elle? De la seconde guerre mondiale? De l'esclavage? Non... Du couple...
Comme le montre cette phrase, Catherine Castro ne se fait pas une très haute idée du couple. D'ailleurs, à quoi ça sert, d'être en couple? L'auteure a la réponse : pour une femme, être en couple sert à ne pas se faire agresser le soir, protection contre sexe. Pour les hommes : "Ils disposent d'une employée de maison à l'oeil, qui fait aussi nounou. S'il fallait la payer, avec les charges sociales, ce serait minimum 3000 euros par mois. Tout le monde ne peut pas les sortir. Franchement, pourquoi la quitter? Elle baise gratuitement, sans passion mais sans broncher".
Le couple est voué à l'échec. Elle décrit un couple de jeunes amoureux, et "ils ne savent pas les jeunes tourtereaux que leurs jours sont comptés, qu'ils ont les pieds dans une chape de ciment tout frais.". Plus haut : "La vérité, c'est ce que le couple fera de votre amour. Comme votre pull en cachemire préféré après un lavage à chaud en machine avec essorage, il en ressortira tout petit, tout feutré, tout minable, bon pour la poubelle".
Donc, pour elle, couple et amour sont incompatibles. Elle fait un portrait tellement désolant de la vie de couple, qu'on se demande pourquoi son éditeur n'a pas pensé à vendre en même temps que le livre une corde pour que l'on puisse se pendre... Non, franchement, c'est trop désespérant, si on l'écoute!
Au demeurant, je suis d'accord avec Catherine Castro sur certains points : l'amour peut s'épanouir en dehors du couple (mais aussi dans, quand même!!!), et il vaut mieux être seule que mal accompagnée.
J'arrête là avec sa conception du couple, et je passe à sa conception de la maternité. On note un vocabulaire éloquent : "Elle n'a pas découvert neuf mois après s'être fait engrosser que le père de son enfant était un enfoiré." Je suis peut-être vieille garde, mais il me semble que la même chose aurait pu être dite plus poliment, le discours ne gagne rien à être vulgaire. Plus loin : "Qui a raison? L'homme qui s'inflige la privation de ses désirs sexuels pour cause de mammifère en gestation, ou la morale qui veille à la survie de l'espèce et à l'ordre social?" Mammifère en gestation... Je suis outrée, remarquez, ça doit être le but, de la provocation bête et méchante. De plus, vous devez savoir, madame Castro, ayant vous-même "mis bas" (je me permets d'user de votre registre) à deux reprises, que, sauf problèmes médicaux particuliers, la grossesse n'empêche pas les rapports sexuels.
Autre point d'accord avec l'auteure : la marchandisation de l'amour et du couple. Ca, c'est sûr, c'est une véritable industrie, entre les sites internet, les livres, la Saint-Valentin...
Le ton du livre se veut provocateur, tout comme le propos. Mais au final, est-ce vraiment un livre si subversif? Le couple nous prive de liberté, dit-elle. Pour ma part, je vis en couple, je ne vois vraiment pas de quelle liberté je suis privée. (Ah, celle d'aller voir ailleurs? Il faudrait encore que j'en ai envie pour ressentir cela comme un manque de liberté...). Ceci dit, le fait d'associer le mot couple avec l'absence de liberté n'est pas nouveau. J'en prends à témoin tous ces magazines féminins qui sortent régulièrement des sujets du type "comment concilier vie de couple et vie privée", par exemple, preuve que pour beaucoup, ça ne va pas de soit. Le ton est impertinent certes (pour ne pas dire franchement vulgaire), les propos sont au final plus consensuels qu'ils n'y paraissent. Mais, à la réflexion, je ne pense pas que ce soit tant le couple qui fasse l'objet de toutes les pressions sociales, mais la famille (dont le fondement est le couple). La réflexion menée par l'auteure aurait probablement été plus intéressante si elle avait suivie cette problématique, plus proche à mon avis de la réalité.
C'est un livre qui se lit vite, à lire par curiosité.
06 juin 2007
Les hommes viennent de mars, les femmes viennent de Venus, John Gray
Ce livre n'était pas dans ma LAL, mais lorsque je l'ai vu à la bibliothèque, je l'ai emprunté. Peut-être parce que ça m'amusait de lire ce genre de livre juste avant de me plonger dans "A bout de couple", de Catherine Castro... Le contraste risque d'être intéressant!
Intéressant n'est en tout cas pas un adjectif qui peut s'appliquer à ce livre. D'abord en raison de sa structure : malgré un plan qui laisse croire à une progression, c'est répétitif au possible, donc ennuyeux à mourir. Inintéressant ensuite les grandes "théories" de ce livre. L'auteur prétend avoir sauvé de nombreux couples du divorce grâce à elles. Pourtant, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas inventé l'eau tiède... Heureusement qu'il est là pour nous dire que les hommes et les femmes sont différents, on ne l'aurait pas deviné, sinon!
Ce livre est un recueil de clichés. Bien entendu, toutes les femmes se comportent pareil (à savoir, ont besoin de compréhension et de soutien -tiens, ça non plus on l'aurait pas deviné!, et sont lunatiques - il ne le dit pas dans ces termes, mais bon...) tandis que ces messieurs ont besoin d'admiration et qu'on leur fiche la paix de temps en temps... Pour éviter les disputes chacun doit comprendre les spécificités de l'autre, et faire des efforts pour les accepter. Ceci est répété pendant 340 pages... Ces 340 pages ne nous "apprendront" rien de plus...
Bref, un livre à fuir, une vraie perte de temps...


