Carnet de lectures

Mes lectures

01 novembre 2007

Compartiment pour dames, Anita Nair

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Akhila, 45 ans, décide sur un coup de tête d'entreprendre un voyage pour faire le point sur sa vie, pour tenter de répondre à toutes ses interrogations. Elle monte dans un compartiment réservé aux dames, et là, à la faveur de l'anonymat, de la possibilité de parler sans la peur du qu'en dira-t-on, les langues se dénouent.
Six femmes nous ouvrent les portes de leurs vies, nous racontent leurs quotidiens, leurs espoirs et leurs désillusions.

Akhila nous raconte sa vie de vieille fille, sa vie sacrifiée pour ses frères et soeurs depuis la mort de son père.

Janaki, la plus âgée, raconte comment son amour passionnel pour son mari s'est peu à peu transformé en une tendre amitié, et comment les constantes attentions de son époux ont pu la faire passer aux yeux de tous pour une faible femme.

Margaret Shanti, biologiste, compare les êtres humains à des éléments chimiques. Son mari, Ebenezer Paulraj, est l'huile de vitriol, tyran domestique. Son histoire est celle qui m'a le plus émue, particulièrement quand il l'oblige à se faire avorter.

Prabha Devi, d'abord attirée par le mode de vie occidental, découvre vite ce qu'il peut en coûter à une femme de ne pas marcher la tête courbée...

Enfin, Marikolanthu, la seule à ne pas appartenir à une haute caste. A la mort de son père, sa mère s'est mise à travailler en tant que cuisinière pour le Chettiar, homme ayant fait fortune grâce aux vers à soie. Plus tard, Marikolanthu rentre au service de cette famille en tant que nourrice de l'enfant de Sujata Akka, la belle-fille du Chettiar. Les deux jeunes femmes se lient d'amitié, mais lorsque le corps de Marikolanthu quitte l'enfance, Sujata Akka lui fait quitter la demeure afin qu'elle n'attire pas la convoitise des hommes. Marikolanthu part alors vivre au service de deux femmes médecins, qui lui promettent un avenir d'aide-soignante. Mais la maladie de sa mère va chambouler ces projets. Obligée de retourner là-bas, sa vie sera ruinée par un viol suivi d'une grossesse dont elle rejettera l'enfant.

Grâce à ces témoignages et ces confidences, Akhila trouve la force de reprendre sa vie en mains.

Ce livre, fortement ancré dans les moeurs indiennes, n'en a pas moins pour antant un aspect universel, par les questions qu'il soulève concernant les rapports hommes/femmes dans le couple. J'ai vraiment apprécié cette lecture, c'est donc un livre que je conseille.

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29 juin 2007

Tango, Elsa Osorio

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Ana est une jeune femme née en Argentine mais qui a pratiquement toujours vécu en France. Pour elle et pour sa famille, l'Argentine est un sujet tabou. Alors qu'elle va danser le tango, elle rencontre Luis, un Argentin. Il écrit un film sur les débuts du tango (le grand-père de Luis, Juan Montes, est connu pour ses tangos), et propose à Ana de collaborer avec lui. En tant que chercheuse en sociologie, elle va alors se lancer dans de vastes recherches qui la conduiront à en savoir plus sur son pays d'origine et sur sa famille.

Ceci est le fil rouge du livre, mais n'en est pas le sujet principal. Elsa Osorio nous plonge dans la société du début des années 1900, entre Buenos Aires et Paris. Les débuts du tango dans les bordels, et son infiltration petit à petit dans toutes les couches de la société ; c'est aussi toute une fresque sociale, avec ses personnages qui s'aiment malgré leurs origines sociales différentes, et cherchent à affronter leurs familles pour imposer leur amour, leur choix de vie.

L'écriture est très particulière : le récit est ponctuellement commenté par des personnes ayant vécu cette époque et vivant à "Tango", paradis pour ceux ayant vécu cette danse. Car le tango ne se danse pas, il se vit, il transcende le danseur pour s'exprimer à travers lui. Le tango parle aussi, et se fait narrateur :

"Ces débats t'assommaient, tout cela était si loin de la Tero, de la Joaquina et de la Nata, mais chacun pouvait me vivre comme il le voulait, je n'étais peut-être pas la même danse que dans ces maisons canailles où je suis né, mais il y a toujours un homme face à une femme et moi qui les mêle dans le désir"

L'auteur change très souvent de narrateur, nous permettant ainsi de mieux connaître l'intimité des pensées de chaque personnage.

Le style est peut-être un peu déroutant au début, l'histoire met un peu de temps à s'installer, mais passé les cinquante premières pages, on a vraiment l'impression d'être immergé, de vivre au rythme du tango.

C'est un livre que je conseille à tous les amoureux de la danse et à tous ceux qui souhaitent découvrir l'Argentine.

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28 mai 2007

Beloved, Toni Morrison

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La maison 124, de Bluestone Road, est hantée. Hantée par le bébé de Sethe, bébé tué par sa mère par amour, pour lui éviter de connaitre les souffrances de l'esclavage. Sethe vit dans cette maison avec son autre fille, Denver. Paul D, qui fut esclave dans la même plantation que Sethe, vient les rejoindre, et chasse le fantôme. S'installe alors au 124 une jeune femme, Beloved. Or, Beloved est le seul mot gravé sur la tombe du bébé défunt...

Ce roman, paru en 1987 aux Etats-Unis, et pour la première fois en France en 1989, a été récompensé par le prix Pulitzer en 1988, et en 2006, a été élu par le supplément littéraire du New-York Times meilleur roman de ces 25 dernières années. Toni Morrison a reçu le Prix Nobel de Littérature en 1993 pour l'ensemble de son oeuvre.

J'ai trouvé les 100 premières pages plutôt fastidieuses à lire, mais, à partir de l'arrivée de Beloved, j'ai été complètement happée par le roman. Il s'agit d'un livre résistant, dont les éléments ne s'éclairent que petit à petit, notamment par de nombreux flash-backs. C'est surtout un livre magifique, une oeuvre magistrale.

A aussi commenté ce livre : La liseuse.

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17 mai 2007

Le Zahir, Paulo Coelho

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Sur la blogosphère, je lis beaucoup d'avis négatifs sur l'oeuvre de Paulo Coelho. Pour ma part, je n'avais encore rien lu de lui avant ce livre. Apparemment, ce serait un livre qui contiendrait une large part d'autobiographie.

Petit résumé :

Le narrateur est quitté brutalement par sa femme, Esther. Celle-ci devient alors pour lui un "Zahir", c'est-à-dire une idée fixe, une obsession. Deux années après, un homme, Mikhail, qui a bien connu sa femme (il a sans doute été son amant), l'aide à parcourir le chemin qui le sépare d'elle. Ce chemin le conduira jusqu'au fin fond des steppes du Kazakhstan, mais il s'agit surtout d'un périple intérieur, d'un long cheminement à l'intérieur de lui-même que le narrateur doit parcourir pour comprendre pourquoi il a perdu sa femme. Au cours de sa réflexion, il aborde notamment la théorie mexicaine de l'"accomodateur" : "Il existe toujours un événement dans nos vies qui est responsable du fait que nous avons cessé de progresser. Un traumatisme, une défaite particulièrement amère, une désillusion amoureuse, ou même une victoire que nous n'avons pas bien comprise finit par nous rendre lâches, et nous n'avançons plus".

Mon avis :

J'ai beaucoup aimé, même si j'ai un peu été déçue par un détail de la fin (disons que je ne comprends pas pourquoi l'auteur a fait ce choix concernant ce détail...). Ca se lit facilement, c'est même très agréable à lire. Ca me donne envie de découvrir les oeuvres précédentes de cet auteur.

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14 avril 2007

Le diable s'habille en Prada, Lauren Weisberger

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Avec ce livre, Lauren Weisberger signe une quasi auto-biographie. Comme son héroine Andréa, elle a été assistante de la rédactrice en chef d'un grand magasine de mode (Runway dans le livre, l'édition américaine de Vogue dans la vie).

Andréa, après avoir quitté la fac, part en voyage en Inde, où elle attrape une maladie qui lui permet d'avoir la "taille mannequin" (c'est-à-dire la peau sur les os). Son rêve : écrire pour le New Yorker. Elle postule partout, et n'obtient qu'un entretien, avec Miranda Priestly, la rédactrice en chef de Runway. Malgré sa parfaite ignorance du monde de la mode, elle est embauchée.

Commence alors son calvaire. Du matin qu'elle se lève (très tôt) au soir qu'elle se couche (très tard), elle doit être à la pleine et entière disposition de Miranda, lui faire ses quatre volontés, sans jamais avoir le temps de souffler. Elle doit négliger son petit ami, Alex, sa meilleure amie, Lily, ainsi que sa famille. Elle a pour seule nourriture un bol de soupe, lorsqu'elle arrive à s'éclipser en vitesse à la cafétéria le midi. Mais un millier de filles ne se damneraient-elles pas pour être à sa place? ;-)

Le tout est décrit avec humour, même si l'ensemble est à mon goût un peu répétitif (Miranda donne un ordre incompréhensible -> Andréa se plie en quatre pour le comprendre et y répondre -> Miranda ne remercie pas, ou ça ne convient plus). La fin est assez jubilatoire, encore que l'on se demande comment elle a fait pour ne pas réagir ainsi avant.

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02 avril 2007

Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini

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Khaled Hosseini, l'auteur, est un Afghan, issu d'une famille de diplomates. Né en 1965, il arrive aux Etats-Unis en 1980. Il exerce la profession de médecin. Les cerfs-volants de Kaboul est son premier roman, il a été récompensé par le grand prix des lectrices Elle et le prix RFI.

Les cerfs-volants de Kaboul raconte l'histoire d'Amir, enfant pachtoun né parmi les familles privilégiées de Kaboul, dans les années 1970. Hassan, son serviteur Hazara et frère de lait, est un peu plus jeune que lui. Ils entretiennent des rapports très forts, et Hassan voue à Amir une véritable dévotion.  Mais Hassan trahit cette amitié par lâcheté. Rongé par la culpabilité de ce qu'il a commis, il s'arrange pour faire chasser Hassan ; leurs destins se séparent alors. Amir et son père quittent l'Afghanistan pour les Etats-Unis, avec pour Amir l'espoir d'oublier son passé. Il entame une carrière d'écrivain, et se marie. En 2001, il reçoit un appel en provenance du Pakistan. Son interlocuteur l'informe qu'il peut se racheter de ses erreurs du passé. Pour cela, il doit aller en Afghanistan, retrouver le fils d'Hassan dans un orphelinat. Ce voyage lui permet de découvrir des secrets le concernant, lui et Hassan. "Il vaut mieux être blessé par la vérité que réconforté par un mensonge".

Ce roman nous plonge dans une atmosphère particulière, celle de l'Afghanistan pacifique des années 70, avec ses multiples parfums, ses coutumes et ses traditions. Puis dans l'Afghanistan des talibans, avec son lot de terreurs, de sang, de lapidations...

Le roman est également intéressant par la connaissance qu'il nous donne du personnage d'Amir. Le lecteur est le seul à connaître sa lâcheté, le seul à savoir ce qu'il a fait, mais aussi le seul à savoir combien la culpabilité le ronge. Nous savons le rôle joué par la relation père-fils dans ce drame. C'est aussi une réflexion intéressante autour du sentiment de culpabilité, du pardon, de la rédemption de ses fautes.

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18 mars 2007

Le Dahlia Noir, de James Ellroy

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Un roman noir, très noir, tendance glauque. Je ne suis pas habituée à ce genre de roman, j'ai donc été d'abord assez déroutée par la crudité du langage. Ca se laisse lire, mais ce n'est pas, à mon goût, un livre inoubliable. La fin traine un peu en longueur, on se lasse.

L'histoire : Une jeune femme est retrouvée sauvagement assassinée. Ses habits et son maquillage noirs lui valurent le surnom de Dahlia Noir. Deux flics -anciens boxeurs- (Bleichert et Blanchard) se lancent à corps perdu à la recherche de son meurtrier. Parallèlement à l'enquête, se nouent quelques intrigues amoureuses : un triangle entre les 2 boxeurs et Kay Lake, jeune femme autrefois sauvée par Blanchard, et une autre entre Bleichert et Madeleine, femme riche se déguisant pour ressembler au Dahlia Noir. Comme dans tout bon polar, l'enquête suit de nombreuses fausses pistes avant de parvenir à la bonne... La fin est cependant surprenante.

La postface est intéressante, car elle nous éclaire sur l'état d'esprit d'Ellroy quand il a écrit ce livre.

Le Dahlia Noir a été adapté au cinéma. Je ne pense pas que je chercherais à voir le film, il risque fort d'être trop sanglant à mon goût...

Posté par etoiledesneiges à 11:28 - littérature étrangère - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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